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« Hologramme » : ce que vous verrez réellement (hélice, projecteur de logo, écran transparent, tulle)

il y a 4 jours
4 min de lecture

En août, un étudiant nous a écrit pour sa soirée de rentrée. Thème « The Truman Show ». Il voulait un hologramme de Jim Carrey, grandeur nature, à l'entrée, qui parle, pendant deux à trois heures. Budget : 300 € HT.

Les deux problèmes de cette demande ne sont pas là où on les attend. Le budget, bien sûr. Mais surtout : le dispositif qu'il avait en tête n'existe dans aucun catalogue, ni chez nous ni ailleurs. Il décrivait un plan de cinéma.

C'est une demande que nous recevons régulièrement, et de loin la première cause de déception avec l'holographie actuelle. Alors autant l'écrire noir sur blanc.


La règle de fond : l'image a toujours un support

Aucun des dispositifs vendus aujourd'hui sous le mot « hologramme » ne fabrique une image qui flotte librement dans l'air et que l'on peut contourner. Il n'existe pas de produit industriel qui fasse ça. Ce que l'on appelle hologramme en publicité sur lieu de vente, c'est toujours une image portée par un support physique : une hélice de LED qui tourne, une surface qu'on éclaire, un maillage de LED intégré à une vitre, ou un tissu tendu.

Tout le reste — l'effet de flottement, la profondeur, le « wahou » — vient de la façon dont ce support est caché ou dissimulé par l'obscurité. C'est un effet d'optique maîtrisé, pas de la science-fiction. Et chaque support a sa géométrie, ses contraintes de lumière et ses limites. Les voici, une par une.


L'hélice holographique

Une barre de LED tourne très vite ; l'image se reconstitue dans votre œil par persistance rétinienne. Le rendu est spectaculaire : un logo ou un objet qui semble suspendu dans le noir, sans cadre visible.

Ce que vous verrez : une image en 3 dimensions, nette. Elle est lisible de face, sa taille est au maximum celle du diamètre de l'hélice : 33 cm, 50 cm, 65 cm, 1 m selon le modèle.

Ce qu'elle ne sait pas faire : elle n'est pas visible à 360°. Vu de côté ou de l'arrière, on voit des pales qui tournent, pas une image. Elle ne produit pas de volume réel : ce n'est pas un objet que l'on contourne. Et sa taille n'est pas ajustable — contrairement à une projection, reculer ne l'agrandit pas. Si vous voulez une image d'un mètre, il faut une hélice d'un mètre. Enfin, elle a besoin d'un fond sombre et d'une lumière ambiante maîtrisée : en plein soleil, l'effet s'effondre.


L'écran holographique transparent

Une grille de LED intégrée à un panneau que l'on place derrière la vitrine. On voit l'image, et on voit à travers.

Ce que vous verrez : une image lumineuse dans le plan du vitrage, avec la boutique visible derrière. C'est net, c'est visible de jour, et ça fonctionne sans occulter la vitrine. En version standard, l'écran s'installe à l'intérieur ; l'extérieur relève des structures transparentes, qui sont un autre produit. Comptez en moyenne 200 W par m², jusqu'à 800 W par m² en crête. Le logiciel de pilotage est fourni, sans licence ni abonnement, et tourne sous Windows. Durée de vie annoncée : 100 000 heures, garantie deux ans, modules remplaçables un par un.

Ce qu'il ne sait pas faire : l'image reste dans la vitre. Elle ne flotte pas devant, elle ne sort pas du plan, et ce n'est pas du relief sans lunettes. C'est un écran qu'on voit à travers — ce qui est déjà beaucoup.


Le tulle holographique

Un maillage très fin, tendu, sur lequel on projette. C'est le dispositif le plus proche de l'effet « image flottante » que les gens ont en tête.

Ce que vous verrez : un sujet lumineux qui semble suspendu dans l'espace, avec de la profondeur derrière lui, parce que le tissu est invisible dans l'obscurité.

Ce qu'il ne sait pas faire : il lui faut le noir, de la place derrière et un projecteur correctement placé. Éclairez le tulle de face et il redevient ce qu'il est : un tissu tendu. C'est un dispositif de spectacle et de scénographie, pas d'affichage permanent en galerie marchande éclairée.


Deux cas réels, et ce qui a fait la différence

Une caserne de pompiers, en décembre. La demande était « créer un logo en hologramme » pour une soirée. Nous avons posé quatre questions : la taille souhaitée en mètres, intérieur ou extérieur avec la luminosité ambiante au moment de la soirée, la position du public par rapport au dispositif, et le logo. Réponses : 0,60 m, intérieur relativement sombre, public de face. Avec ça, le choix se fait tout seul — une hélice de 65 cm sur trépied — et le devis est juste du premier coup.

Un grand prix hippique, début octobre. Deux jours d'exploitation, une vidéo par jockey, avec sa casaque, son nom et son drapeau. Le matériel n'a posé aucune difficulté. Le vrai travail était ailleurs : obtenir un tableau exact des correspondances jockey / cheval / numéro / nationalité, parce qu'une erreur de numéro devant le public d'un grand prix ne se corrige pas. Le contenu est un livrable à part entière, avec son propre délai.


Les pièges, dans l'ordre où ils se présentent

  • Juger sur une vidéo. Les rendus que vous voyez en ligne, les nôtres compris, sont filmés dans des conditions de lumière favorables. Demandez toujours dans quelles conditions la séquence a été tournée.

  • Oublier de considérer la lumière ambiante. C'est le premier facteur de déception, avant la taille et avant le prix.

  • Croire que la taille se négocie. Elle se négocie en projection, pas sur une hélice ni sur un écran.

  • Sous-estimer le contenu. Un logo fixe, un logo animé en 3D et un personnage qui parle ne sont pas le même sujet, ni le même délai.

  • Se fier au mot « hologramme ». Il ne décrit presque jamais un angle de vision à 360°. Chez holopx, on parle plutôt de simulation holographique.


Ce qu'il nous faut pour vous répondre sérieusement

Une photo du lieu, prise à l'heure où le dispositif fonctionnera, et les mesures : distance entre le dispositif et le public, hauteur disponible, dimensions de la surface ou de la vitrine. Avec ces trois éléments, nous vous disons en un échange ce que vous verrez réellement — et, le cas échéant, que ce que vous imaginez n'est pas faisable. C'est plus utile qu'un devis optimiste.


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